Internet, le nouveau remède de l’industrie médicale et pharmaceutique ?

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Il y a bien un conseil à suivre en matière de diagnostic médical: NE JAMAIS CONSULTER LE WEB. Des démangeaisons suite à une piqûre d’insecte? Il ne vous reste que 45 minutes à vivre. Des sensations de faim récurrentes? Un ver solitaire. Certains sites et forums de discussion pourraient transformer un individu lambda en hypocondriaque 3.0. C’est la raison pour laquelle l’avenir de la santé sur la toile semblait compromis. Mais ça, c’était avant. Entre le développement d’une plateforme dédiée à la recherche de diagnostics pour les maladies orphelines aux Etats-Unis et le lancement de la e-pharmacie en France, la toile offre de nouvelles alternatives aux malades.

La plateforme américaine Crowdmed, lancée en avril 2013, serait LA solution pour résoudre les cas médicaux les plus difficiles. Elle a pour objectif de mettre en contact des malades dont le diagnostic reste un mystère avec des individus qui mènent l’enquête sur leur cas. Les patients postent sur le site leurs symptômes et historique médical. Les « détectives médicaux », majoritairement des étudiants en médecine attirés par l’entraînement que peuvent leur procurer ces cas pratiques et des retraités du secteur, examinent le cas et cherchent à établir un diagnostic ensemble dans un délai maximum de 90 jours, durée de mise en ligne du dossier. Afin de permettre au cas d’être résolu plus vite et d’intéresser un plus grand nombre d’enquêteurs, les malades peuvent offrir une rétribution financière à partager entre les différents internautes ayant contribué à la résolution du cas, de l’ordre de 165 à 300 dollars. Chaque e-docteur peut interroger le patient sur le forum du site. A la fin du délai imparti, le site envoie une liste de diagnostics potentiels pouvant être des pistes pour les médecins spécialistes. L’indice de satisfaction des utilisateurs est de l’ordre de 80%.

Malgré une levée de fonds estimée à plus d’un million de dollars pour son lancement, le site n’est pas viable pour le moment faute d’utilisateurs et de communication. Néanmoins, cette idée basée sur le concept du crowdsourcing semble être une alternative à fort potentiel puisqu’elle s’inscrit dans une logique « gagnant-gagnant » pour les étudiants en médecine et les patients car moins chère que de multiples visites angoissantes chez des spécialistes.

Santé et Internet font encore l’actualité cette semaine avec le lancement du nouveau site de Doctissimo le 24 mars, DoctiPharma. Le célèbre espace d’informations et discussions (effrayantes) autour de la santé a mis en ligne un e-shop dédié à la vente de produits parapharmaceutiques et médicaments sans ordonnance. Il s’agit en réalité d’une plate-forme pour diverses officines partenaires versant 79€ par mois et un pourcentage de l’ordre de 10% à 15% de leurs ventes.

Le concept de la cyber-pharmacie a été introduit en France en décembre 2012 par transposition d’une directive européenne. Cependant, l’application de ce dispositif ne se traduit pas vraiment par le prolongement virtuel d’un point de vente existant tant les régimes relatifs à la vente en ligne des produits vendus en pharmacie divergent: les médicaments à prescription facultative peuvent être vendus en ligne selon la directive de 2001 mais le droit français a autorisé l’accessibilité à seulement 383 produits, le régime appliqué aux dispositifs médicaux comme les lentilles de contacts reste flou tout comme celui des compléments alimentaires et des produits cosmétiques. Au delà des contraintes supposées pour les pharmaciens en termes de stockage ou de prix, le système n’est guère plus avantageux pour l’internaute. Ce dernier ne pourra y acheter que certains produits qu’il devra attendre plusieurs jours (alors que l’achat de médicaments correspond souvent à un besoin immédiat) et qui ne seront pas remboursés car non prescrits. Somme toute, le cyber-pharmacie version française se résume à la seule vente en ligne de bonbons au miel, boules quiès et autres remèdes miracles.

Pour conclure, le Web 3.0 et son système partage d’informations l’emporte sur le simple e-commerce du Web 2.0 dans le secteur médical. En effet, la toile est une opportunité de résolution de mystères médicaux par le biais de la collaboration: quand une vingtaine d’étudiants en médecine battent à plat de couture les soit-disant « Dr House ». Néanmoins, la magie n’opère pas à tous les coups comme nous avons pu le voir avec la cyber-pharmacie en VF qui, contrairement à ses semblables européennes, semble empêtrée dans sa toile.

Sources:

Article CrowdMed

Article DoctiPharma

Article cyber-pharmacie

Agathe PRUNEVIEILLE

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